Le Mot du Président 

Le Collectif des Associations Pastorales du Niger (CAPAN), constitue depuis sa création un précieux outil de coordination entre les associations membres et sert aussi d’interface entre celles-ci et les partenaires au développement. Mais cette importante fonction ne peut être assurée que si les structures dirigeantes sont bien outillées, formées et informées.Ce Plan d’une durée de quatre Ans a été élaboré afin de mettre en application relief les principales, orientations et recommandations de notre dernière assemblée générale élective. Il crée  les conditions de mise en œuvre des nombreuses recommandations et attentes exprimées par nos membres et partenaires notamment à l’occasion de l’étude de référence, des ateliers ou sessions de formation  en vie associative et  plaidoyer ou au cours de la récente AG élective tenue du 29 au 30 octobre 2010.  

 Au cours de cette étape critique notre attention va se concentrer d’abord sur l’extension et la consolidation de ces acquis pour une meilleure promotion des véritables avantages comparatifs de notre Pays, de nos ensembles régionaux et sous régionaux. Notre principale ambition,  en forme d’éléments de vision, c’est de voire l’activité pastorale, débarrassée de toutes ses pesanteurs et contraintes, occuper sa place de choix dans la valorisation et la promotion de notre patrimoine naturel, et culturel, la production et la bonne répartition des richesses, apporter des solutions, plus durables aux maux ou difficultés qui nous assaillent, notamment dans le domaine de l’emploi et la satisfaction des besoins essentiels (santé, éducation, alimentation etc.), la promotion d’investissements soutenus sans lesquels aucun progrès sérieux n’est envisageable..  Face à ces défis planétaires Il faut bien sur que nous soyons conséquents avec nous-mêmes. Pendant que l’élevage représente plus de 80% (84% exactement) du PIB agricole dans ce Pays (il est de 80% au Soudan, 24% au Burkina Faso, 34% au Tchad,  35% en Ethiopie, 33% au Mali et en Mauritanie, 50% au  Kenya et 78% au Sénagal), une frange importante de nos concitoyens,  continue à regarder ces pasteurs comme des curiosités sociologiques, des reliques d’un passé révolu, des espèces de survivances sociohistoriques dignes de certains musées ou centre de recherches paléontologiques et très souvent discriminatoires et racistes.  Et comme le disait si bien François Pouillon[1] il y a si longtemps que l’on considère les pasteurs nomades comme les représentants d’une formule sociologique obsolète, en tout cas  condamnée à courts termes que l’on devrait s’étonner qu’ils se soient maintenus  jusqu’à nous...repoussés par des agricultures conquérantes , cantonnés dans des zones déshéritées... chassés des régions  frontières mises en litiges armés, abandonnés par les pouvoirs basés dans des villes trop lointaines , décalés dans leur siècle en raison de mentalités et d’un mode de vie surannés .

 Activité productive pourtant dominante et valeur refuge la plus prisée durant ces trois dernières décennies, l’activité pastorale représente aussi un élément important de notre patrimoine naturel et culturel celui là même que tente de préserver une convention mondiale spécifique.

Que de générations foncièrement bien pensantes se sont essoufflées et asphyxiées faute d’avoir trouvé des réponses idoines à cette nécessaire symbiose d’un passé récent avec les exigences d’un présent et d’un futur globalisant. D’une part ces progrès et mutations (techniques, sociologiques) nous semblent incontournables pour répondre à ces demandes incessantes et croissantes de nos concitoyens et de nos cheptels toujours plus nombreux, de l’autre ce sont ces mêmes progrès poussés vers des limites extrêmes qui génèrent ces pertes et périls inédits, entre autres la vache folle, le virus H1N5 pour n’en citer que quelques exemples…. Oui nous avons besoin de tous ces progrès pour nous-mêmes et pour les générations à venir, nous avons besoin de ces lumières et savoirs pour nourrir nos ambitions légitimes de productivité et de mieux être. Mais nous avons aussi besoin de passer le cap de ce millénaire conflictuel.

 

Elh BELLO BOUBACAR


 

[1] Sociétés pastorales et développement, histoire des politiques et critique des doctrines ORSTOM 1990

[2] Convention dite du Patrimoine Mondial de l’UNESCO